Réponses aux questions les plus fréquentes

Dr Sellem, expert dans le glaucome (Centre Ophtalmologique Kléber,
LYON )répond à vos questions...

...sur la maladie.

1 - Dois-je alerter mes parents, mes frères et mes sœurs, mes enfants, sur le risque de glaucome ?
Oui, le risque héréditaire de glaucome est réel, mais très inférieur à 50%. Même s'ils ne se plaignent d'aucun symptôme et que leur vision est excellente, vous devez encourager les membres de votre famille à consulter un ophtalmologiste pour ce dépistage, particulièrement s'ils ont plus de 40 ans.
2 - Vais-je devenir aveugle si j'ai un glaucome ?
Un glaucome non diagnostiqué, et donc non traité, risque effectivement d'aboutir à une perte plus ou moins complète de la vue, d'un œil ou même des deux yeux, sur le long terme. Cette grave éventualité ne vous concernera si vous avez un glaucome peu évolué, traité et régulièrement contrôlé. C'est la raison pour laquelle le dépistage de cette maladie est d'une importance capitale, ainsi que les conseils, les traitements et la surveillance de votre ophtalmologiste.
3 - Quelle doit être la bonne pression de mes yeux?
La bonne pression des yeux est celle qui n'aboutit pas à un glaucome ou, lorsque la maladie est déclarée, qui doit être obtenue par le traitement pour arrêter l'évolution de la maladie. Il n'y a pas un chiffre précis à redouter, car la susceptibilité vis-à-vis de cette pression est très variable d'une personne à l'autre (certains yeux ayant une pression supérieure à 25 ne développeront jamais de glaucome, d'autres le feront avec une pression de 18). Mais le risque augmente dès que la pression dépasse 21 mmHg, et c'est à l'ophtalmologiste d'évaluer la nécessité de traiter ou simplement de vous surveiller sans traitement. Attention: la mesure de la pression de votre œil peut être faussée par la valeur de l'épaisseur de la cornée. Compte tenu de celle-ci, l'ophtalmologiste pourra éventuellement réévaluer la pression exacte régnant à l'intérieur de votre œil, parfois différente de la pression mesurée.
4 - Dois-je prévenir mon généraliste que j'ai un glaucome?
Oui. D'une part, parce que les traitements du glaucome peuvent interférer avec d'autres traitements, ou être rarement à l'origine d'effets généraux (fatigue, essoufflement...) que vous pouvez ne pas attribuer forcément aux collyres. D'autre part, parce que certains traitements prescrits par votre généraliste peuvent être contre-indiqués dans certains cas de glaucome.
5 - Est-ce qu'il faut que je cesse certaines activités, ou en faire d'autres?
Comme pour toutes les maladies chroniques, une bonne hygiène de vie est favorable au glaucome. Le sport n'est pas contre-indiqué, au contraire, car il a plutôt tendance à faire baisser la pression oculaire. Toutefois, la pratique de la plongée sous-marine peut engendrer une augmentation momentanée de la pression oculaire, et il faut en discuter avec votre ophtalmologiste. Si vous pratiquez le yoga, ou faites de la musculation, il faut éviter les positions dans lesquelles la tête reste plusieurs minutes "en bas" (positions inverses), car la pression oculaire peut alors augmenter très fortement durant ces exercices et participer à l'aggravation du glaucome.

... sur le traitement.

1 - Est-ce que je risque de mal supporter mon traitement?
Aucun traitement n'est à l'abri d'effets secondaires. Lorsque vous lisez ceux-ci sur la documentation accompagnant votre traitement, la liste peut même vous en paraître impressionnante! Ces effets secondaires sont bien connus de votre médecin, qui aura pris soin d'éviter les contre-indications éventuelles pour choisir le traitement qui vous paraît le plus approprié. Il ne peut toutefois évaluer la susceptibilité de chacun, très différente d'un sujet à l'autre. Il est possible, malgré ces précautions, que vous supportiez mal les instillations (brûlures, démangeaisons, rougeur oculaire, gonflement des paupières, cernes), ou que vous ayez des symptômes nouveaux à distance de l'œil (essoufflement, arrière-goût désagréable, fatigue...). Naturellement, il ne faudra pas attendre pour prévenir votre ophtalmologiste, qui confirmera ou non la responsabilité du traitement, et pourra vous en proposer un autre. N'oubliez cependant pas que le glaucome est une maladie sérieuse, et qu'il faut savoir parfois accepter le traitement prescrit lorsque l'inconfort apporté n'est que très discret (comme un léger picotement lors de l'instillation).
2 - Est-ce que je vais devoir prendre ce traitement toute ma vie ?
Un traitement au laser et la chirurgie permettent souvent de diminuer ou même de supprimer les collyres. Mais ils ont leurs propres inconvénients, leurs indications sont précises, et ils peuvent ne pas être efficaces définitivement. Pour ces raisons, même si le traitement est arrêté, une surveillance continuera à s'imposer tout au long de votre vie. Par ailleurs, il est possible que votre ophtalmologiste choisisse seulement de vous traiter avec des collyres et, puisque le glaucome est une maladie chronique (comme le diabète ou l'hypertension artérielle), vous devrez définitivement poursuivre ce traitement.
3 - Est-ce que je dois prendre ce traitement à heure fixe?
Il n'est pas nécessaire de se procurer une alarme pour mettre le traitement à la minute près! Les contingences professionnelles, un nouveau rythme en vacances, aller à une soirée ou même l'envie de faire une grasse matinée ne doivent pas être perturbés par l'obligation du traitement. Mais il faut essayer d'être le plus régulier possible, à une ou deux heures près chaque jour, car l'œil va s'habituer au rythme du traitement et y réagira harmonieusement. Mais vous aurez pris probablement vous-mêmes, pour la majorité de votre temps, des habitudes vous permettant de fixer le moment de votre traitement (avant de vous raser, à l'heure du journal télévisé, au coucher...): ces habitudes vous aideront à ne pas oublier de vous traiter et à être régulier.
4 - Combien de gouttes dois-je mettre dans mon œil ?
Une goutte est suffisante pour être efficace, à la condition que vous soyez assuré qu'elle ait été bien posée sur l'œil. En cas de doute, vous pourrez mettre une deuxième goutte. Une quantité supérieure ne sera pas plus efficace, risquera d'augmenter les intolérances... et vous n'aurez plus suffisamment de traitement compte tenu de ce que doit vous délivrer légalement le pharmacien!
5 - Puis-je continuer à porter mes lentilles de contact?
Le port des lentilles de contact n'est pas contre-indiqué avec votre traitement, sauf recommandation précise de votre ophtalmologiste. Toutefois, si vous portez les lentilles uniquement la journée (comme la majorité des porteurs), il est préférable de mettre la goutte sur votre œil au moins 5 minutes avant la pose des lentilles le matin, et/ou de la mettre le soir après avoir retiré les lentilles. Le risque de dépôts chroniques sur les lentilles par les excipients des collyres est très faible maintenant avec la multiplication des lentilles jetables (journalières ou mensuelles)...et le port de lentilles ne diminue pas l'efficacité du traitement. Sachez toutefois que certains collyres peuvent diminuer la sécrétion de larmes, et vous rendre un peu plus intolérants au port des lentilles.

Si je porte des lunettes, suis-je protégé contre le glaucome ?
NON, car les lunettes corrigent les troubles de la vue (myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie) mais ne protègent pas du glaucome qui est une maladie du nerf optique.
J'ai plus de 40 ans et une très bonne vue, dois-je me faire dépister pour un glaucome ?
OUI, car seul un dépistage systématique permet de détecter et donc de traiter précocement le glaucome. D'évolution lente, le glaucome peut rester silencieux durant de nombreuses années. L'absence de symptômes est trompeuse puisque pendant ce temps, la maladie continue de progresser; la baisse de la vision ne survient que tardivement dans l'évolution de la maladie.
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Si je souffre d'hypertonie oculaire, ai-je forcément besoin d'un traitement ?
NON, car les personnes qui ont une simple hypertonie oculaire ne relèvent pas toutes d'un traitement. La nécessité de faire baisser la PIO dépend d'un certain nombre de paramètres (niveau de la PIO, facteurs de risque,...) et seul votre ophtalmologiste peut décider de vous traiter ou non. Cependant même en l'absence de traitement, vous devez bénéficier d'une surveillance régulière afin de vous assurer que votre champ de visuel ne se détériore pas (1).

(1) Bron A. Glaucomes : Savoir utile !, Collection Sabinus & Santé. Ed. MEDI-TEXT. Paris 2003
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Si ma pression intra-oculaire (PIO) augmente, cela veut-il dire que je suis hypertendu artériel ?
NON, car la PIO n'a rien à voir avec la pression artérielle. Cependant, un déséquilibre de la pression artérielle (hypo- ou hypertension) constitue un facteur de risque du glaucome.
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J’oublie régulièrement de mettre mon collyre anti-glaucomateux car je n’ai pas mal aux yeux : est-ce que cela a une importance sur l’évolution de mon glaucome ?
OUI, car le glaucome est une maladie indolore qui évolue sans que vous ne vous en rendiez compte. L’arrêt ou l’oubli du traitement favorise la remontée de la pression intra-oculaire (PIO) et donc la progression du glaucome. Afin d’être efficace, le traitement doit donc être régulier et bien suivi.
Est-ce qu'on guérit du glaucome chronique ?
NON, le glaucome chronique est responsable d'atteinte définitive du nerf optique et du champ visuel : les lésions qui touchent le nerf optique ne peuvent régresser. Le glaucome n'est donc pas une maladie réversible, mais pris en charge suffisamment tôt, il est bien contrôlé dans la majorité des cas.
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Le glaucome, est-ce une forme particulière de cataracte ?
NON, ce sont 2 maladies différentes ; la cataracte est une opacification du cristallin qui entraîne une baisse de la vision réversible après intervention chirurgicale.
Est-ce que c’est contagieux ?
NON, le glaucome n’est pas dû à une infection, il n’y a donc aucun risque de contagion. Cependant, plusieurs personnes d’une même famille peuvent être atteintes en raison d’une prédisposition familiale.
Un ou plusieurs membre(s) de ma famille est(sont) atteint(s) de glaucome, ai-je plus de risques que quelqu’un d’autre de développer un glaucome ?
OUI, dans le glaucome à angle ouvert, le terrain familial est reconnu depuis longtemps comme un facteur de risque important (1).

(1) Renard JP. et al . Bilan en pratique. L?hypertonie oculaire isolée. J Fr Ophtalmol, 2005 ; hors série 2, 2s13-2S16
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Qu'est ce que le glaucome ?

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